Zarautz : Vans Duct Tape Invitational

« Dans le surf, tu rencontres que des gens cool, non ? »

 

Bien entendu. Au même titre que les mannequins de la Fashion Week ont l’habitude de partager un cassoulet à la bonne franquette au PMU de Pantin pour célébrer la fin d’une semaine de dur labeur.

Sorry dude si j’ai dézingué tes idéaux parfumés d’iode et de Monoï, calqués sur les noses de Kassia Meador encore collés dans ton cahier de textes année 2007-2008.

Fort heureusement pour la foule nombreuse venue profiter des belles conditions, Zarautz avait trié ses invités sur le volet remettant au coeur du spectacle les passionnés et les fous furieux. Andy Nieblas était en tête de file, l’heureux leader malgré lui d’une compagnie de joyeux lurons arrivée dans la petite bourgade Basque pour siroter du cidre pas cher, grignoter des pintxos de Solomillo et en profiter pour bouder durant 72 heures son régime vegan.

Précédé par le Mexi Log Festival, il fallait pourtant assurer le show. Les belles vibes imposées par Israel Preciado sur la plage de La Saladita avaient mis la barre assez haut. Alors, avec l’aplomb des anciens, pour cette édition 2018, l’organisateur de l’événement, le pionnier grisonnant du nom de Joel Tudor, a vu juste.

Jordan Spree, Justin Quintal, Ryan Burch, Saxon Wilson, James Parry, Nico « Niki Dora » Garcia, Kai Takayama, Tyler Warren, et le trio de Français Robin Falxa, Jules Lepêcheux et Nathan Sadoun. On en a vu passer des single fins et des square tails, transformant la promenade en un cimetière de requins bariolé. Alex Knost a joué à l’élastique sur une board shapée pour l’occasion, James Parry a défié sa grandeur en mêlant élégance et agilité, Levi Prairie a fait parler sa créativité et Tyler Warren a régalé la foule avec son style impeccable.

Des questions sur le grand gagnant de cette édition ? Le Californien Andy Nieblas, l’excentrique du groupe, l’allumé, le progressiste, l’effrené fantasque ? Je crois qu’il en a rien à foutre. Il surfe par instinct et par conviction, comme au début du surf et comme dans 1000 ans. Il vient du passé, regarde vers l’avenir, le sourire aux lèvres, elles-mêmes surplombées d’une moustache aussi fournie que les tapas à l’omelette, inconnus au bataillon des coulisses des défilés. Andy Nieblas fait du bien aux puristes, aux conservateurs, aux avant-gardes, aux anti, aux nantis et à tous ceux qui croi(v)ent savoir. Andy Nieblas, c’est un peu le génie qui fait des miracles, à l’ombre de sa lampe, dans son coin, sans rien dire, un peu loufoque et peu loquace, comme un Dewey* qu’on a envie de regarder vivre.

« Dans le surf, tu rencontres que des gens cool, non ? » Pas toujours mais ce weekend là, oui. Ils étaient nombreux. Ils m’ont rappelé les photos de Kassia Meador encore collées dans mon cahier de textes année 2007-2008.

*Oui, on a les héros qu’on mérite.

Photos & Texte : Elisa Routa

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