Alexandru Costin, la vision nouvelle

Tout se ressemble, personne n’innove, l’histoire se répète, toujours. La mode, la cuisine, l’art, les gens, l’amour. On vit dans une grande roue et on s’émerveille une fois arrivés au sommet, on s’étonne de la vue, on s’extasie du beau temps, on insulte les nuages avant d’entamer la descente avec la boule au ventre. L’éternel recommencement fout la nausée, car tout se ressemble, personne n’innove, l’histoire se répète encore et toujours.

Jusqu’à ce jour où l’on entrevoit une nouvelle perspective, ce jour où l’on fait face à une vision nouvelle, un jeune trublion dont l’audace bouleverse et densifie notre horizon.

J’ai appris à nager seulement récemment. Le matin, je vais ramer, je pars faire quelques photos, puis je repars skater jusqu’à ce que mon corps me dise stop.”

Alexandre Costin est né à Bucharest. Il a grandi près du parc Herastrau, un genre de Central Park de l’Est où la grande roue surplombe les fontaines et les jardins colorés. « J’ai skaté toute mon enfance dans ce parc, c’était comme un rêve. Il y a 5 ans, j’ai déménagé à Barcelone et, aujourd’hui, je fais encore joujou avec ma planche, » dit-il. « Le skate est arrivé avant la photographie. La photo m’a aidé à voir les choses telles que je les vois aujourd’hui. La photo convient parfaitement à ma vie de tous les jours, je peux ainsi partager mon point de vue avec d’autres personnes. »

L’esthétique des photos d’Alexandru est cinématographique. Le crépuscule est son allier, il se joue de l’aube, des formes, des contrastes, des rondeurs des trottoirs, de la courbure des bancs, du miroir de l’eau, des envolées de mouettes au-dessus de la mer méditerranée, un nouveau terrain de jeu qu’il apprivoise depuis peu. « J’ai appris à nager seulement récemment. Le matin, je vais ramer, je pars faire quelques photos, puis je repars skater jusqu’à ce que mon corps me dise stop. J’essaie de rester en extérieur autant que possible pour pouvoir créer toutes mes photos à la lumière naturelle. » 

“Ce que j’aime le plus, c’est le fait de pouvoir profiter de la ville et me sentir ne faire qu’un avec elle.”

Barcelone incarne la liberté, elle a ce pouvoir de ne jamais lasser, d’offrir des coins de rue, des places au soleil et des ruelles étroites. La ville fait du neuf avec du vieux et vient foutre un grand coup de pied épicé dans mes préjugés de grande roue recyclée. « Pouvoir être dehors, découvrir de nouveaux endroits, voilà ce qu’il m’inspire. Mais ce que j’aime le plus, c’est le fait de pouvoir profiter de la ville et me sentir ne faire qu’un avec elle. A ce moment-là, tant de choses peuvent arriver. Je ne m’ennuie jamais. » 

Tout se ressemble, tout se répète. La mode, la cuisine, l’art, les gens, l’amour. Les balcons, les boulevards, les statuts, les trottoirs et la tombée de la nuit. Dans le monde d’Alexandru Costin, tout se recrée, se réinvente, se redécouvre, en continu.

Découvrez le travail de Alexandru Costin.

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